Nils Andersson


autrices/auteurs, essais / Friday, May 24th, 2019

Nils Andersson est né en Suisse d’un père suédois et d’une mère française. Très vite animé par la littérature et l’engagement il est responsable du programme culturel suisse au Festival mondial de la jeunesse à Moscou en 1957 et fonde surtout la même année à Lausanne une nouvelle maison d’édition suisse, La Cité Éditeur. En plein guerre d’Algérie, La Cité Éditeur réédite des livres censurés par le gouvernement français comme La Question d’Henri Alleg ou La Gangrène, après sa saisie aux Éditions de Minuit, entre autres. En 1962 il publiera les deux pièces de théâtre écrites en prison par Mohamed Boudia, Naissances et l’Olivier.

Sa vie de militant internationaliste ne s’arrête pas avec son engagement anti-colonial. Toujours en Suisse il contribue à la formation du Centre Lénine pour la diffusion du marxisme-léninisme. Expulsé du pays en 1967 pour ses activités politiques il s’installe et travaille dans l’Albanie d’Enver Hoxha jusqu’en 1972. Il vivra et militera ensuite en Suède avant de rejoindre Paris où il collabore aux activités d’ATTAC, Sortir du Colonialisme… et écrit pour de nombreuses revues et journaux pour continuer de mettre en lumière les résistances nécessaires face au capitalisme et à l’impérialisme.

Il est l’auteur de : Mémoire éclatée. De la décolonisation au déclin de l’occident, Éditions d’en bas, 2016.

Avec ce livre, Le capitalisme, c’est la guerre, sous-titrés, Des guerres asymétriques de 1990 à 2020, à celles de haute intensité demain, Nils Andersson nous propose une analyse fine et implacable du capitalisme du réel, et de sa nature première : la guerre. Et il ne s’agit pas ici de revenir sur les « guerres du passé », ou d’un énième souvenir facilement aseptisé des guerres, mais bel et bien d’une étude ne laissant aucun doute sur la réalité factuelle et idéologique des dernières décennies qui nous concernent directement, dont nous sommes contemporains, et qui ont porté la violence impérialiste et la guerre partout, de l’Irak à la Bosnie, de la Somalie au Mali. Produit d’un long travail d’enquête à la croisée du journalisme critique et de l’expérience d’un engagement politique anti-impérialiste directement héritier des luttes de décolonisation de la deuxième moitié du 20ème siècle, cet ouvrage décortique l’infamie des doctrines impérialistes et capitalistes qui n’ont cessé de faire du monde un vaste champ de bataille en vantant les mérites d’un Occident soit-disant « pacifié ». Plus que jamais il réaffirme cette exigence morale et politique que Jaurès et Käthe Kollwitz poursuivirent en leur temps : Nie Wieder Krieg, « Plus jamais la guerre » tout en proposant une analyse du futur proche de ce qu’annoncent les nouveaux rapports de pouvoir mondiaux et les doctrines militaires modernes.

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